Faites des disciples, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit (Mt 28 v 20). Jésus impose un axe : non les enseigner comme nous voulons, mais : servir l’autorité de ses paroles, qui sont Esprit et vie. Nous pourrions objecter : mieux vaut référer les gens à sa personne qu’à ses paroles ; mais c’est là une distinction que Jésus ne fait jamais. Il dit que l’aimer lui – en relation subjective – c’est garder objectivement ses paroles (Jn 14 v 21). Oui, prêcher ou enseigner, c’est nous mettre au service des paroles de Jésus (interprétées correctement), et non les mettre au service de notre vision des choses. Notre mandat n’est pas : « faites-vous des convictions sur ce qui est important, faites des expériences spirituelles, puis enseignez à tous des clés pour faire les mêmes ». Évidemment, notre vécu spirituel contribue à notre prédication, mais s’il en est le socle ou le contenu nous désobéissons à Mt 28 v 20.

Si nous sommes serviteurs de ses paroles, Jésus dit : voici je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Mais si nous nous prêchons nous-mêmes, il pourrait dire : ce n’est pas à l’intelligence que l’insensé prend plaisir, c’est à la manifestation de ses pensées litt. de son cœur (Prov 18 v 2), c’est à dire : plus que servir la pensée du Dieu seul sage, nous aimons étaler nos trouvailles personnelles. Si, tout en utilisant la parole de Dieu, ce qui est dans notre cœur est le centre du ministère, c’est une manière très ‘spirituelle’ ne pas renoncer à soi-même (Mc 8 v 34). Peut-être qu’à nos débuts nous étions ainsi égocentrés, mais maintenant il nous faut un autre moteur : devenir serviteurs de la parole de Christ (Lc 1 v 2).