Ne vous laissez pas modeler par le siècle présent, mais soyez transformés par le renouvèlement de l’intelligence (Rm 12 v 2). Cette transformation, opérée par Dieu qui est amour, doit-elle toucher aussi notre compréhension de ce qu’est l’amour ? Absolument. Car nos parents, nos expériences, nos romans ou films favoris ont modelé en nous une certaine conception de l’amour. Une fois rachetés par Christ, nous découvrons un amour plus profond, infiniment plus juste et sage. Mais si, lisant le mot ‘amour’ dans la Bible, nous plaquons sur Dieu notre compréhension initiale du mot, nous serons souvent loin de ce qu’il veut ! Exemple, quand Jésus annonce aux disciples ses souffrances et sa mort (Mt 16 v 21), Pierre est sûr que l’amour divin ne permettra pas cela : à Dieu ne plaise, cela ne t’arrivera pas (v 22), mais il reçoit comme réponse : tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes (v 23).

 

Aimer est une décision de volonté avant d’être un sentiment.

Du fait que Dieu est amour (1 Jn 4), le mieux pour comprendre ce qu’est l’amour c’est d’observer comment la Bible présente Dieu. Dès la Genèse et dès l’Évangile, en montrant ce que Dieu fait, la Bible suggère que son amour est fondamentalement une volonté de bien, le premier qui est en action et en vérité (1 Jn 3 v 18). Ainsi, pour dire que l’Éternel aime David, le Ps 22 dit : il met son plaisir en lui (v 9 litt.), c’est un choix volontaire. Et d’abord envers Christ : mon Fils bien-aimé en qui je me complus (Mt 3 v 17 litt.). L’amour n’est pas du tout une vertu impersonnelle dont Dieu ne serait que l’exécutant ; Dieu n’aime pas ‘malgré lui’. Il agit par volonté et décide lui-même qui il aimera : il nous a prédestinés par Jésus Christ à être adoptés selon le dessein de sa volonté (Eph 1 v 5). Chez les croyants aussi, aimer est d’abord une volonté de bien : car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements (1 Jn 5 v 3). De même chez les non croyants, tant que l’amour reste à peu près tel que donné par Dieu, la volonté de bien prime sur le sentiment (exemple, l’amour parental). C’est ainsi qu’aimer inclut un plaisir pur.

Pourquoi l’amour des humains ne reste-t-il pas tel que donné par Dieu ? Parce que leur volonté s’est pervertie par la rupture d’avec Dieu (2 Tim 2 v 26). En l’amour de Dieu, la volonté oriente l’émotion. Mais pour l’amour déchu, l’émotion oriente la volonté. Ainsi, ils pensent qu’il y a amour surtout quand ils vibrent : passion pour une activité, attirance sensuelle, etc. Là, aimer quelqu’un c’est l’avoir pour soi. Certains avouent qu’ils aiment… être amoureux. Résultat, si une chose (par exemple l’exigence de fidélité) va contre ce plaisir-là, ils en concluent qu’elle empêche l’amour.

 

Tout ce qu’on appelle ‘amour’ vient-il de Dieu ?

Créés en image de Dieu, les humains – même déchus – restent capables d’aimer. Quand les païens font naturellement ce que prescrit la loi (Rm 2 v 14), cela vient de Dieu. Quand une mère console (Es 66 v 13), cela vient de Dieu. Quand telle religion ou idéologie favorise un peu le bien social, c’est un effet de la bienveillance générale de Dieu. (note : avant la loi donnée à Moïse, puis l’Évangile, l’amour du prochain n’a été mis au centre d’aucune religion)

Néanmoins, ce que les humains ont encore d’amour venu de Dieu est largement amoindri par le péché. Certains ont le courage de mourir pour un homme bon (Rm 5 v 7), mais en général les pécheurs aiment ceux qui les aiment (Lc 6 v 32). Souvent ils aiment sans patience, par envie, pour épater, par intérêt… à l’inverse de l’amour issu de Dieu (1 Co 13). Souvent ils aiment en s’irritant, en méditant le mal, en se réjouissant de l’injustice ; sans pardonner, sans croire, sans espérer, sans supporter (id). Ils ont en eux un reliquat d’amour issu de Dieu mais ils l’emploient à faire l’inverse de sa volonté.

Non, tout ce qu’on appelle ‘amour’ ne vient pas de Dieu. Un chrétien ne doit pas s’ouvrir naïvement dès qu’il entend le mot ‘amour’.

 

Croire en l’Amour ou croire au Dieu et Père du Seigneur Jésus Christ ?

En écrivant : Dieu est amour, l’apôtre Jean explique : l’amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et qu’il a envoyé son Fils comme expiation pour nos péchés (1 Jn 4 v 10). Quand le slogan « je crois en l’Amour » réunit diverses croyances à condition que Jésus ne soit pas le seul nom qui sauve (Act 4 v 12), l’Amour ainsi brandi est une idole attrayante et non l’amour de Dieu. Car le slogan inclut une autre condition : ne rien dénoncer ; ni doctrines de démons, ni cupidité, ni licence sexuelle, etc. Or, nier le péché et le jugement à venir, c’est plaquer sur Dieu notre compréhension pervertie de l’amour. Vous fatiguez l’Éternel par vos paroles, et vous dites : en quoi le fatiguons-nous ? C’est en disant : quiconque fait le mal est bon aux yeux de l’Éternel (Mal 2 v 17).

L’amour vrai obéit à Dieu. Celui qui dit : je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur et la vérité n’est pas en lui. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui : par là nous savons que nous sommes en lui (1 Jn 2 v 4-5).