Si je n’aimais pas Dieu, ses réprimandes ne m’intéresseraient pas. Et je n’aurais pas ce problème : discerner si c’est lui qui me reprend pour un péché ou le diable qui m’accuse. En général je reconnais la voix du bon berger. Mais pas toujours, surtout parce que et la réprimande et l’accusation causent une tristesse. Illustration : quand une plaie est en train de cicatriser je ressens une démangeaison, quand j’ai un eczéma je ressens une démangeaison. Mais les causes sont radicalement contraires, et mes réactions doivent l’être aussi : je dois accepter la première démangeaison, et combattre la seconde.

 

première partie

SI QUELQU’UN A PÉCHÉ

 

Je vous écris ceci afin que vous ne péchiez pas, et si quelqu’un a péché nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste.

(1 Jn 2 v 1) Il y a le normal (ne pas pécher) et le regrettable (pécher). Si je ne péchais jamais, les accusations du diable ne seraient pas gênantes. Or elles le sont, car elles jouent de fautes réelles qui de par Dieu m’attristent (2 Co 7 v 9), si toutefois ma conscience n’est pas flétrie. La tristesse selon Dieu produit une repentance qui mène au salut, mais la tristesse du monde produit la mort (v 10). C’est la différence entre Dieu qui me montre que je suis coupable par exemple d’un vol, et Satan qui me culpabilise en me faisant ressasser ma faute et désespérer.

Le but de l’accusateur (Ap 12 v 10) semble être que je discute avec lui plutôt qu’avec mon avocat. Or, dans toute la Bible, seuls Dieu et Jésus parlent au diable. En fait, résister au diable consiste à me soumettre à Dieu (Jcq 4 v 7), ici à lui confesser mon péché (1 Jn 1). Comparaison : si pour une faute secrète je suis piégé par un maitre chanteur, ma confession publique lui enlèvera son moyen de pression.

Notre Dieu nous apprend à distinguer entre : moi je reprends ceux que j’aime (Ap 3 v 19), et : si on t’attaque cela ne viendra pas de moi (Es 54 v 15). Selon le texte biblique, l’accusation vient du diable (sans mention de démons), et parfois de moi-même, ou d’autrui.

 

Le diable entretient une perfide confusion autour de la « culpabilité ».

Ce mot fréquent dans la Bible (Lv 5) a deux sens : le fait d’être coupable (= passible de jugement, Mt 5) d’un acte que Dieu désigne comme péché, et le fait de me sentir par Dieu coupable de cet acte. Ces deux faits mèneront au repentir. Mais le diable veut la confusion entre « culpabilité » objective et un mot absent de la Bible : « culpabiliser ». C’est, au lieu de me savoir coupable selon Dieu et me repentir, rester sur un tourment qui monopolise mon âme. Ou l’inverse, je peux trop réagir : sachant que Dieu ne culpabilise personne, je prétends qu’il ne fait jamais de reproches. À quoi il répond : tu t’es imaginé que j’étais comme toi (Ps 50 v 21). Dieu ne reproche pas le manque de sagesse (Jcq 1) mais les péchés (Ap 2 et 3), et cela pour m’aider !

Satan, ennemi de Dieu avant d’être le mien, vise moins à me tourmenter qu’à me faire manquer l’aide de Dieu. Première manœuvre : sans avoir lui-même à m’accuser, le diable dévoie ma connaissance de la loi divine pour que je me culpabilise sans saisir le pardon divin (c’était courant dans les générations passées). Deuxième manœuvre : il m’accuse lourdement afin que, par réaction, j’en vienne à déconsidérer les réprimandes de Dieu et donc sa parole (c’est courant dans la génération actuelle).

 

Comment Satan accuse-t-il les chrétiens ?

Il n’a pas besoin d’accuser les non croyants s’ils n’ont pas de morale, il lui suffit de seriner que le péché n’existe pas mais que c’est la religion qui est culpabilisante. Aux non croyants qui ont de la conscience, Satan suggère des excuses pour empêcher que leur sentiment d’avoir fauté les mène à rechercher le Sauveur.

Contre nous chrétiens, comment fait l’accusateur des frères ? Quand nous avons péché sans nous repentir, Dieu nous reprend ; mais Satan se mêle de nous accuser – hélas, d’un péché réel. Il le fait pour que notre oreille du cœur aille à lui, plutôt qu’à Dieu qui nous reprend. Satan veut nous faire perdre de vue que Dieu est riche en miséricorde, et que confesser la faute est simple (1 Jn 1). Danger, parfois l’accusation suggère que le repentir ne suffira plus ! Là nous devons croire que Dieu est fidèle et juste (envers son Fils crucifié) pour nous purifier.

Quand nous n’avons pas commis de péché particulier, Satan accuse pourtant, de tout et n’importe quoi – cette fois, sans base réelle. Il le fait de manière aussi floue que possible, espérant que notre communion à Dieu en sera perturbée. Là nous devons croire qu’il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ Jésus (Rm 8 v 1).

En fait, Satan accuse des acquittés ! Certes, réaliser que Dieu condamne notre péché, fait partie de la conversion. Mais une fois dans la lumière, nous sentir condamnés par Dieu alors que c’est le diable qui accuse, est une erreur à corriger d’urgence. Mais sans s’éloigner de la vérité.

 

Positif ou négatif ? Ce n’est pas ça qui différencie la voix de Dieu des ruses du diable.

En effet, avoir mauvaise conscience peut venir de Dieu (Seigneur éloigne-toi de moi parce que je suis un homme pécheur, Lc 5). Dieu ne relève pas que le bon mais aussi le mauvais (je vais te faire des reproches, tout mettre sous tes yeux, Ps 50 v 21). Se voir en échec vient parfois de Dieu (tu ne sais pas que tu es misérable, pauvre, aveugle et nu, Ap 3). Et une conscience peut être tranquillisée par des prophètes menteurs (ils disent : paix, paix, et il n’y a point de paix, Jér 6 v 14).

L’Église doit dénoncer l’idée que le problème ne serait pas le péché mais le sentiment de culpabilité (autrement dit : le problème ne serai pas pas l’infection mais le thermomètre). Sinon, elle ne pourra rejeter la culpabilisation qu’en rejetant aussi les réprimandes de Dieu.

 

 

 

deuxième partie

DISTINGUER ENTRE RÉPRIMANDE PAR DIEU ET ACCUSATION PAR SATAN

Moi, je reprends et je corrige tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle et repens-toi (Ap 3). Cela va de moi à toi, de Christ à son racheté. Les critères bibliques pour distinguer entre réprimande et accusation, se récapitulent en trois phrases de Jésus : il est écrit ; la nouvelle alliance en mon sang ; je reprends ceux que j’aime.

 

Face aux manœuvres du diable, Jésus a dit : il est écrit, et : il est aussi écrit.

(Mt 4) La réplique de Jésus face au tentateur, est aussi ma clé face à l’accusateur : dans la tristesse où je suis, la Parole de Dieu est-elle occultée (v 3), est-elle déformée (v 6) ? Ce dont je me sens accusé, Dieu l’appelle-t-il péché ou pas ? Satan ruse pour que le malaise de ma conscience m’éloigne des indications claires que donnent les Saintes Écritures. Moins je suis nourri d’elles, moins je suis armé face à l’accusateur. Sans elles, ma conscience n’est que partiellement fiable : sa rigueur même, ou son laxisme, remplacent vite la voix du Berger.

En fonction de l’entourage et des choix de vie, la conscience est modelée : autant qu’elle le soit par le commandement de Dieu (1 Tim 1 v 5). Quand on revient à lui, sa parole vivante donne paix et sécurité : un chrétien rempli de la Parole de Dieu n’est pas facilement joué par l’accusateur, car il a dans son cœur des chemins tout tracés (Ps 84 v 6).

 

Jésus a donné aux disciples une référence : « la nouvelle alliance en mon sang ».

(Lc 22) Au milieu des reproches qui me taraudent, où est le sang de Christ ? En effet, quand Dieu reprend il oriente vers une issue : un repentir qui me fait destinataire du sang que Jésus a répandu pour le pardon des péchés (Mt 26). Dieu donc me conduit au sang, qui purifiera ma conscience (Hb 9 v 14). Comme il a suffi à Dieu, le sang de Christ doit me suffire. Quand Dieu réprimande, l’issue est évidente, accessible. Même dans une grande tristesse, il y a une odeur de salut. Évidemment, dans la Bible Dieu ne réprimande ses enfants que pour des fautes pas encore confessées.

À l’inverse, Satan veut une impasse, une culpabilisation sans remède. Son but est la confusion, pour me faire oublier que ma victoire sur l’accusateur est dans le sang de l’Agneau (Ap 12 v 11).

 

À ses églises Jésus dit : je réprimande tous ceux que j’aime.

(Ap 3). C’est à son enfant aimé, que Dieu reproche par exemple une animosité envers un frère. Bien que triste d’avoir été hostile, je n’ai pas à me sentir rejeté mais pris en charge, et aimé encore. Supportez la correction : c’est comme des fils que Dieu vous traite (Hb 2 v 7), il bénit celui qui aime être corrigé (Prov 12 v 1). Par contre, Satan accuse parce qu’il déteste.

 

De ce qui précède, découle un critère simple : quand Dieu me reprend il met en cause un fait : une jalousie, un loisir impur, une convoitise, et non mon être entier. Ça ne sera moins : tu mens, que : avant la réunion tu as menti à Gérard. Dieu me reprend pour que je continuer à revêtir l’homme nouveau (Col 3). À l’inverse, le diable accuse de façon à me faire mettre en doute ce que je suis. Cependant, la différence entre Dieu et l’ennemi se reconnaît au but poursuivi, pas à l’emploi du verbe faire ou être (cf. si un frère est débauché, ou cupide, 1 Co 5 v 11). Dieu donc est précis et non pas flou. Dieu est lumière, il me fait un reproche clair et limité (cf. Apoc 2 v 19-20). Jamais il ne dit : « devine ce qui m’a déplu ».

Au contraire, Satan accuse dans le flou afin d’embrouiller. Ses accusations changent souvent ; il ne veut pas de clarté ; il entremêle vrais péchés et choses qui n’en sont pas ; il entremêle fautes déjà pardonnées et fautes non confessées. Il m’accuse en même temps pour mes mensonges passés et une tricherie présente, voire fréquente. Le but est que mon trouble ne se limite pas à cette tricherie précise mais devienne une nébuleuse où je me sens globalement « dans le péché ». Mais, de quelque manière que notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout (1 Jn 3).

 

Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu est celui qui justifie ! Qui les condamnera ? Le Christ Jésus est celui qui est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ! (Rm 8 v 33-34)