La foi est l’assurance des choses qu’on espère (Héb 11 v 1).  Ce verset signifie-t-il : on espère ce qu’on désire, sans être sûr de l’obtenir, et la foi c’est se convaincre qu’on l’obtiendra (genre « on y croit, on y croit ») ?  Non. Vu l’ensemble de la Bible, ce verset signifie : par sa parole, Dieu a exposé un contenu à espérer (la vie éternelle par la grâce en Christ), et sa parole crée la foi pour qu’on possède ce contenu. Si Dieu ne promet aucun contenu, il n’y a rien à croire ! Seule une parole de Dieu fait naître la foi qui sauve.  Mais si on appelle ‘foi’ la capacité naturelle des gens (« vous avez foi dans les freins de la voiture, les médicaments que vous prenez, etc »), ils se construiront en porte à faux entre foi biblique et persuasion mentale.  Dans ce que les Écritures disent de la foi, un point est en amont de tout autre, c’est que la foi est donnée par Dieu. Le présent article résume ce point là.

 

première partie

LA FOI EST UN DON DE DIEU

 

La foi vraie est celle qui vient de Dieu.

Dieu nous parle beaucoup d’avoir foi en lui. Il dit : mon juste vivra par la foi (Hab 2 v 4 cité en Rm 1 v 17, Gal 3 v 11, Héb 10 v 38).  Hébreux 11 développe : c’est par la foi qu’ont vécu et agi, Abel, Hénoc, Noé, Abraham, Sara, Isaac, Jacob, Moïse, Rahab, etc. La foi plaît à Dieu (Héb 11 v 5-6). Envers lui, elle est notre première obéissance. Son commandement est : croire et aimer (1 Jn 3 v 23). Jésus requiert la foi : repentez-vous et croyez (Mc 1 v 15). Quand des gens croyaient, il les félicitait : ta foi t’a sauvé, ou : qu’il te soit fait selon ta foi. Quand ils ne croyaient pas, il s’étonnait de leur non foi (Mc 6 v 6, litt.) comme d’une anomalie.

Mais attention, l’accent mis sur la nécessité de croire n’implique pas que la foi vienne premièrement de nous. Les versets exhortant à croire, n’impliquent pas d’ignorer les versets affirmant que la foi vient de Dieu.  Jésus est l’auteur de la foi (Héb 12 v 2). Pour Pierre, les chrétiens sont ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre (2 Pi 1 v 1). Alors qu’ils l’ont déjà, Paul prie que la foi soit donnée aux frères de la part de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ (Eph 6 v 23). Ailleurs, Paul rappelle que même la mesure de foi est départie par Dieu (Rom 12 v 3) ; comme l’implique la prière faite au Seigneur : augmente-nous la foi (Lc 17 v 5).  Incontestablement, seule la foi reçue de Dieu est vraiment foi en Dieu (Jn 14 v 1).

Note : dans la Bible le mot foi désigne soit le fait de croire Dieu, soit l’ensemble de la doctrine que Dieu dit de croire ; les deux viennent de lui. Pour comprendre que Dieu prescrit la foi, il faut comprendre qu’elle vient de lui (il donne ce qu’il ordonne).  La Bible illustre cela en comparant la foi à la vue.

 

Ce n’est pas la vue qui crée ce qu’on voit.

La Bible compare vue et foi.  Jésus associe voir le Fils et croire en lui (Jn 6 v 40). Moïse tint ferme, comme voyant celui qui est invisible (Héb 11 v 27). Selon Paul, sont chrétiens ceux aux yeux de qui a été dépeint Jésus Christ crucifié (Gal 3 v 1). Pour savoir à quelle espérance nous sommes appelés, il faut que Dieu illumine les yeux de notre cœur (Eph 1 v 18).  Le rôle de la vue physique dans notre rapport au monde créé, illustre le rôle de la foi dans notre rapport à Dieu. Pour illustrer, la Bible compare vue et foi. Mais pour différencier ce qui est de Dieu et ce qui est du monde, la Bible oppose vue et foi (nous marchons par la foi et non par la vue, 2 Co 5 v 7).

La vue physique ne peut exister que face à une réalité. Le sens appelé « vue » ne crée pas l’objet qu’on voit !  On le voit parce qu’il est là et que des rayons lumineux le frappent, puis sont réfléchis vers l’œil et impriment sur la rétine les caractéristiques de l’objet. Il n’y a vision que si une image se forme sur la rétine, et seule la lumière peut la former, à partir d’une réalité préexistante.

De même, ma foi ne peut exister que face à une réalité. La vérité de Dieu forme la foi et non l’inverse ; ma foi ne crée pas la vérité !  La réalité céleste c’est Christ un avec Dieu ; le Saint Esprit éclaire Christ devant moi, le dépeint et le glorifie, me poussant vers lui. Alors au fond de moi, peu à peu ou d’un seul coup, Dieu forme la foi. C’est pourquoi en parlant de croire, Jésus commence par dire : quiconque voit le Fils.  La foi n’est donc pas ma capacité à me convaincre que Dieu est réel, mais le résultat de ce qu’il a éclairé. Si j’ai cru, ça résulte du fait que son Esprit Saint m’a mis face à Christ : par l’Écriture, par le témoignage d’un disciple, par une prédication, par un songe…

 

La vue doit se fixer sur la réalité qu’on voit.

Ma foi répond à Dieu.  La comparaison – partielle – entre vue et foi implique ma responsabilité. Pour bien voir un objet, il faut que je m’arrête et le regarde. Jésus lui-même compare la foi en lui, pour la vie éternelle, au regard que devaient fixer sur le serpent d’airain les Israélites qui avaient été mordus (Jn 3 v 14-15 et Nbr 21 v 4-9). Un coup d’œil évasif ne suffit pas : Jacques parle de plonger les regards (se pencher, scruter) dans la loi parfaite (Jcq 2 v). Le mot grec pour foi implique l’action de donner sa confiance (un peu comme en français on parle de ‘faire’ confiance, c’est à dire m’impliquer).

Il y a donc d’abord ce que Dieu éclaire, puis il y a ma réponse. C’est la somme des deux qui est la foi au sens biblique, la garantie et la démonstration des choses invisibles (Héb 11 v 1).

 

 

deuxième partie

FOI AUTHENTIQUE OU FOI ARTIFICIELLE ?

 

Dans cet article, le sujet n’est pas de savoir si ma foi est faible ou forte, mais de reconnaître les points où elle est vraie et les points où elle est fictive.

 

La foi vient de ce qu’on écoute, ce qu’on écoute par la parole de Christ.

(Rm 10 v 17 litt.)  La vraie foi vient d’en haut, de l’extérieur. Elle n’est pas du tout : « écoute ton cœur », ni : « Dieu croit en toi ». De plus en plus, le diable combat la révélation du salut en Jésus seul, et suggère une ‘foi’ accommodée par chaque individu ; afin que, auto centré, l’homme soit sa propre idole et se perde.  Mais un disciple de Jésus reçoit sa foi de Jésus. D’où la précision de Paul : ce qu’on écoute doit venir de Christ !

Il y a deux manières d’avoir une foi qui n’est pas – ou pas tout à fait – celle donnée par Dieu : la première est de la fonder sur des prêches qui faussent la parole de Dieu, la deuxième est de la fonder sur des expériences présentées comme normatives.

 

La foi en une chose que Dieu ne dit pas, n’est pas la vraie foi.

Premièrement.  La foi n’est authentique que si on écoute la parole authentique de Dieu. Le NT affirme que certains tordent les Écritures, falsifient la parole de Dieu. Paul précise que vers la fin il y aura un large public demandant autre chose que la saine doctrine (2 Tim 4 v 3).  Par exemple, si Christ crucifié et ressuscité n’est pas dépeint, comment naîtra la foi qui sauve ? Si l’amour et la paix sont prêchés pour nier le jugement et le repentir, quelle foi naîtra sinon celle en une fausse paix ? Si la condamnation est prêchée en taisant la grâce, comment naîtra la foi qui justifie ? Etc.

Deuxièmement.  La foi n’est correcte que si j’écoute la parole correcte de Dieu. La foi appuyée sur ce que Dieu a vraiment dit, ne trompe pas. Une foi appuyée sur des raccourcis, trompera.  Par exemple, si le succès et le miracle sont prêchés en niant le dénuement et la souffrance, comment ma foi sera-t-elle authentique ?  Outrepassant la parole de Jésus (Jn 15 v 20), cette prédication fondera ma foi sur des témoignages de réussite travestis en promesses absolues. Une telle foi ne tiendra qu’artificiellement, par ma volonté d’exclure que Dieu puisse faire arriver autre chose que succès et miracle.  Un encouragement à croire n’est plus celui de la Bible, quand il revient à dire que l’œil devrait créer ce qu’il veut voir.

 

Conclusion.

Qui veut grandir en foi doit entendre qu’avant tout elle est un don de Dieu. C’est pourquoi bien nourrir la foi consiste à vivre avec Dieu, à la demander encore au Seigneur, à écouter la parole véritable du Seigneur.  Signe ultime que la foi vient de Dieu, c’est Jésus lui-même qui veille sur elle ! Il rassure Pierre : j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas (Lc 22 v 32).

 

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voir aussi :  D’APRÈS LA BIBLE, QUE FAUT-IL ESPÉRER ?