Plutôt que d’aborder l’Apocalypse d’après des idées préconçues, mieux vaut découvrir ce que le livre lui-même dit. Et savoir que les clés du livre sont dans le reste de la Bible. À trop les chercher dans l’actualité géopolitique, on oriente les gens vers un ‘décodage’ illusoire du livre, au détriment d’une ‘adoration’ de celui qui est sur le trône.

Ce faisant, on décourage la lecture du seul livre de la Bible qui proclame son lecteur heureux (1 v 3).

 

Les premiers versets disent l’axe du livre.

Dieu a donné à Jésus Christ une révélation (grec : apocalypsis). Jésus envoie son ange à Jean, pour lui ouvrir cette révélation par une suite de visions mobiles (comme des films plus que des diapos). Celles-ci montrent aux siens ce qui doit arriver bientôt (litt. rapidement) c’est à dire peut-être soudainement, plutôt que dans peu de temps. Par tout ce qu’il a vu (il dit 35 x : je vis), l’apôtre est rendu témoin du témoignage de Jésus-Christ, c’est à dire ce que Jésus atteste. Puis Jean va écrire le livre parce que, dans les visions, Jésus lui dit de le faire : ce que tu vois, écris-le dans un livre (1 v 11).

 

En tous ses aspects, le livre oriente son lecteur vers celui qui est assis sur le trône.

Adressé à 7 églises, et ainsi à toute église quel que soit son état spirituel et moral, l’Apocalypse les réfère sans cesse au trône de celui qui est, qui était et qui vient. Concernant ce qui doit arriver, concernant sa venue, Jésus dit que c’est bientôt : cela prend sens pour l’homme né d’en haut, pas pour l’homme naturel. Le texte de l’Apocalypse résiste à qui veut y déceler un calendrier ou identifier telle figure à tel personnage de l’Histoire ; le texte s’éclaire à qui veut y voir Christ et son salut.

 

L’Apocalypse dit l’Évangile : un si grand salut et une si terrible perdition.

Jésus avait comparé le jour de sa venue à celui du Déluge ou de Sodome (Lc 17 v 26-30). C’est pourquoi l’Apocalypse crie « l’instant de vérité ». Partout, il décrit un aspect du salut, du jugement, et de la fin. Partout, le livre éclate de louanges à la majesté de Dieu et à la croix de Christ. Partout, il montre combien le péché mène à des malheurs et des châtiments.

Dès le début, le lecteur est invité à louer celui qui nous aime, qui nous a déliés de nos péchés par son sang ! L’immensité du prix payé par Jésus, prouve à la fois l’inconcevable amour de Dieu, et l’incroyable gravité du péché. En répétant partout le nom Agneau (Jésus crucifié) l’Apocalypse met en symétrie deux châtiments : un premier – tombé sur Jésus – sauve des pécheurs de tout peuple, un second frappe des pécheurs qui auront méprisé le premier.

Jésus avait dit : si vous ne vous repentez pas vous périrez tous de même (Lc 13).

 

En sept tableaux, l’Apocalypse dit ce qu’est et sera le règne du Dieu sauveur.

En effet, la Bible parle du royaume de Dieu au présent et au futur, elle dit que les croyants le manifestent en partie, et que Dieu l’établira pleinement.

Plus qu’une chronologie linéaire, l’Apocalypse est une suite de tableaux. Plusieurs sont comme un zoom, une fenêtre s’ouvrant dans le tableau précédent. Chaque tableau dit un aspect du règne de Dieu, et évoque ou montre la fin du monde. D’où le sentiment de répétition quand on lit le livre d’un seul trait. Mais le livre présente aussi une certaine progression, orientée vers la venue de Christ.

 

ch 1 à 3. Jésus doit être vu et écouté par les siens.  Il les a déliés de leurs péchés par son sang, il a pouvoir sur la mort. Il doit être vu en majesté divine, et ses églises doivent entendre ce que son Esprit dit à leur sujet.

ch 4 à 7 et début 8. Vue d’ensemble du dessein de Dieu.  Dieu est splendeur, assis sur le trône il suscite l’adoration. Son dessein éternel a une clé : l’Agneau, seul associé à lui comme objet de louange. Par l’ouverture des sept sceaux, ce tableau dit – sans mentionner le diable – que les effets connus du péché (guerre, famine, mortalité) sont déjà sanctions de Dieu. Il dit aussi qu’il sanctionnera par la colère, quand il déclenchera la fin. Et qu’il s’attache les siens.

ch 8 à 11. Zoom : ce que Dieu châtiera c’est l’idolâtrie.  Au son des sept trompettes, c’est l’idolâtrie, le meurtre, les sortilèges, la débauche, le vol… que Dieu frappera de terribles fléaux planétaires et cosmiques, puis de fléaux de démons. Cependant, aux endurcis dans le mal, Dieu suscite son témoignage. Puis il établira son règne, temps pour juger et récompenser.

ch 12 à 14. Vue globale sur l’histoire du salut et les manœuvres du diable.  Un grand signe dans le ciel et des visions connexes, disent la souveraineté de Dieu sur tout, y compris sur ce que fait le diable. D’abord est montré le salut par le Messie d’Israël ; puis ce que les siens subiront à cause de la séduction du monde par Satan, l’antichrist, et le faux prophète. Ensuite retentit le chant des rachetés, puis un appel céleste à craindre Dieu. Enfin vient le châtiment de la terre.

ch 15-16. Zoom sur deux aspects : la louange au Tout-Puissant, et les dernières plaies. Le seul Saint, le Roi, est chanté par ceux qui n’ont pas cédé à l’antichrist. C’est la sainteté de Dieu qui déclenche les dernières plaies, extrêmes : les sept coupes de sa fureur. Il détruit la dernière rébellion du diable et des rois. Et la terre commence à passer.

ch 17 à 19. Zoom : chute de Babylone et venue de Christ.  Ce qui s’écroule c’est le système anti-Dieu (idolâtrie, impureté, cupidité, asservissement économique, meurtre…). À ce jugement par Dieu le ciel résonne d’alléluias, les noces de l’Agneau sont annoncées. Et Christ vient ! Il jette l’antichrist dans l’étang de feu.

ch 20-21 et début 22. Vue finale : jugement dernier, nouveaux cieux et terre, règne éternel.  Un ange lie le diable, plus tard le jette dans l’étang de feu. La terre disparaît. Devant le grand trône blanc c’est le jugement final : vie éternelle ou perdition. Dieu crée de nouveaux cieux et terre, il révèle la cité céleste. Là sera le trône de Dieu et de l’Agneau.

Jean a aussi écrit : petits enfants, gardez-vous des idoles (1 Jn 5).

 

L’Apocalypse est le livre du NT qui rapporte le plus de louanges.

Parce qu’il est révélation de Jésus Christ, prophétie et non calendrier, le livre révèle le règne de Dieu. Parce que chaque tableau décrit un aspect de la même réalité, il peut se lire séparément pour adorer le Dieu créateur et sauveur, à qui tous rendront compte.

Heureux le lecteur de l’Apocalypse, il voit le Dieu de toute la Bible.

 

Pour approfondir ce sujet, voir dans le blog rouge « APOCALYPSE : AIDE À LIRE LE LIVRE ».