Venue ! Voilà ce que, dans le NT, Dieu ajoute à ce qu’il faisait dans l’AT. Il faisait déjà grâce en permettant de vivre à ceux qui ne le méritaient pas : il a différé la sentence « tu mourras », il a couvert la honte (Gn 3 ), il a protégé (Gn 4 ), il a donné du temps, il a pardonné par une expiation (Lv 4 v 20). Sa grâce était généreuse patience. En quoi est-elle venue par Jésus Christ ? En ce que lui est venu, lui que la patience précédente annonçait. C’est par lui que Dieu voulait racheter les élus, car c’est en lui qu’est le dessein éternel de Dieu.

Deuxième d’une série de trois, cet article est précédé par : GRÂCE DANS L’AT, et sera suivi par : GRÂCE ET LOI.

 

De meilleures promesses, une meilleure alliance, une meilleure espérance.

(Hb 7 v 19 et 8 v 5-6) Les promesses pour Israël étaient le pays et la provision, surtout l’envoi du Messie ; elles ont donné la promesse du salut par la foi et du don de l’Esprit Saint. L’alliance était celle avec Abraham, codifiée par Moïse ; elle a donné la nouvelle alliance dans le sang de Jésus (Lc 22 v 20) comme promis par Dieu (Jér 31 v 31). C’est dans le cadre de cette alliance qu’il y a grâce (Hb 10 v 29). L’espérance était le secours de l’Éternel et – rarement – une résurrection future ; elle a donné l’espérance de la vie éternelle en Christ.

Attention, ce n’est pas que Dieu soit devenu meilleur. C’est que, au temps fixé, il a envoyé son Fils en personne. Christ est le corps (litt.) dont les lois de pureté et d’expiation étaient l’ombre (Col 2 v 17). Si je marche avec le soleil levant dans le dos, et vois sur le sol une ombre allongée me rejoindre, je sais que quelqu’un vient derrière moi. C’est ce qui est arrivé à Israël : par une ombre, Dieu lui a fait savoir que quelqu’un venait. La grâce sur Israël annonçait la réalité du Fils, et en était un acompte, que certains ont tant goûté. (Ps 36 v 6 à 10).

Maintenant lui-même est venu : la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous pleine de grâce et de vérité. Dieu dispense la vie éternelle, non par ses actes universels de bonté (Mt 5 v 45), mais par son Fils : celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie (1 Jn 5 v 12). Dieu a donné son Fils unique pour quiconque, mais ce n’est pas automatiquement que quiconque a le Fils : celui qui ne le reçoit pas avec foi et repentir ne l’a pas. Pour dire l’importance de le recevoir, Jésus répète : Dieu est celui qui m’a envoyé.

 

La grâce de Dieu culmine dans le don de son Fils.

« Grâce » traduit le grec kharis (qui fait plaisir à voir, entendre, et qui réjouit) de khara : briller. Dans le NT le mot désigne d’abord et plusieurs fois la grâce divine (Lc 2 v 40, Jcq 4 v 6), une fois le salut physique (Act 27 v 24) ou un pardon humain (Lc 7 v 42), toutes les autres fois il désigne la grâce accordée en Jésus Christ. C’est en lui que la faveur gratuite de Dieu est accordée, parce que c’est lui le centre du dessein de Dieu. La grâce et la vérité est venue par Jésus Christ. La vérité de Dieu n’est pas séparable de sa grâce. Le mot vérité pointe la nature de Dieu et (suite à Gn 24) sa fidélité : sa grâce manifestée au long des millénaires, de façons variables, est maintenant venue sur terre en la personne de son Fils (comme le règne s’est approché du fait que le Roi est venu). Ce n’est évidemment pas : le Fils apportait une grâce qu’avant l’incarnation Dieu n’avait pas.

La grâce de Dieu habitant parmi nous, s’est vue en ce que Jésus faisait des œuvres et les qualifiait d’œuvres de mon Père. Elles ont frappé : tes péchés te sont pardonnés (Mc 2 v 5), nul ne peut faire ces miracles que tu fais si Dieu n’est avec lui (Jn 3 v 1), jamais homme n’a parlé comme parle cet homme (Jn 7 v 46), je ne te condamne pas non plus, va et ne pèche plus (Jn 8 v 11). Ces œuvres-là Dieu les faisait déjà comme prémices, mais en la personne de son Fils il les amplifie, il les rend plus proches, plus notoirement gratuites : par exemple, Jésus ne conditionne pas ses guérisons à un repentir préalable des malades, ce qui était le modèle de guérison dans l’AT.

 

Le sommet de la grâce venue par Jésus Christ, c’est sa croix.

Toutes les lois de purification résultaient de la bonté de Dieu, car elles inculquaient la nécessité d’une expiation et, ultimement, la nécessité de l’expiation par le Messie. Sa croix est la seule chose que Dieu qualifie de preuve : Dieu prouve son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous (Rm 5 v 8). De ce sommet, la gratuité de l’AT était un saint acompte. Jésus expie réellement pour nous, lui juste pour des injustes (1 Pi 3 v 18) : il ressent effroi et tristesse de mort (Mc 14 v 33), angoisse jusqu’au sang (Lc 22 v 44). Il est accusé et méprisé (Lc 23 v 10), déclaré malfaiteur (Lc 22 v 37) et condamné (Mc 14 v 64). Le châtiment l’atteint (Lc 23 v 16), il est battu jusqu’au sang, et dévalorisé (Mc 15 v 18). Il est crucifié (Mc 15 v 25) saignant et agonisant. Là il se sent abandonné (Mc 15 v 34) et, étant chargé du péché, il est fait malédiction (Gal 3 v 13). Il meurt en s’offrant à Dieu, selon l’Écriture (Lc 23 v 46), il est enseveli (Lc 23 v 53) et descend au séjour des morts (Act 2 v 31). C’est le ‘parcours’ complet de tous les effets du mal : il a porté nos péchés, non en symbole, mais en son corps sur le bois (1 Pi 2 v 24), il a endossé la répugnante ‘poubelle’ multimillénaire des corruptions humaines. Jamais âme pure n’a été souillée comme l’a été Jésus. Ses souffrances indiquent qu’il s’est entièrement identifié à nous.

 

 

Jésus avait prévenu : il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup.

Pourquoi a-t-il dit, plusieurs fois avant la croix, qu’il le fallait (Lc 9 v 22). Pourquoi a-t-il dit que c’était la volonté de Dieu (22 v 42) ? Pourquoi l’a-t-il redit après la croix : ne fallait-il pas que le Christ souffre de la sorte (24 v 26 et 44) ? Pour qu’on l’entende bien : Dieu a sauvé par un châtiment – la croix – car à ses yeux vraiment le péché mérite châtiment. En tant que substitut, Jésus a été écrasé à cause de nos fautes, le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui (Es 53 v 5). L’horreur de la croix a répondu à l’horreur du péché. La grâce vient avec vérité.

Pardonner les péchés est la seule chose que Dieu ne fait pas sans effusion de sang (Hb 9 v 22), le sang précieux de Christ (1 Pi 1 v 19). Que le salut nécessite un si grand prix, montre le niveau de gravité du péché en tant que contraire absolu de Dieu, et le niveau d’amour du Sauveur. Dieu intégralement juste et bon a voulu ôter le péché que lui-même condamne, l’ôter sans perdre le pécheur mais en le purifiant, l’ôter sans renier sa justice bonne. Il l’a donc fait en infligeant la sanction de mort – juste salaire du péché – à un substitut saint du coupable. Ainsi, le péché est condamné et le pécheur est justifié (Rm 3 v 26). Ce pardon est, dans toute la Bible, la seule chose que Dieu a faite non par un décret de sa puissance mais par le sang de son propre Fils. Avant la croix et après elle, Dieu accorde d’innombrables bienfaits à son peuple (délivrances, provisions, guérisons, résurrections, etc), jusqu’à suspendre la course du soleil (Jos 10), mais aucun ne lui coûte la mort de son Fils. C’est pourquoi aucun verset n’emploie le mot sang concernant un bienfait physique ou matériel.

 

La coupe qui a tant coûté à Jésus, dans le jardin de Gethsémané.

(Lc 22 v 42) Dans la Bible, la coupe peut figurer ce que Dieu verse sur l’homme, soit la bénédiction soit le jugement. Ici, c’est la coupe de la fureur de l’Éternel (Es 51 v 17) versée sur le substitut des pécheurs. En effet, « grâce » ne signifie pas du tout que Dieu soit devenu myope au péché ou qu’il le trouve moins grave, ni que le Dieu lent à la colère n’a plus de colère. « Grâce » signifie que par le châtiment subi à notre place Jésus nous délivre de la colère à venir (1 Thess 1 v 10).

Pourquoi colère et jugement de Dieu sur les hommes impies ? Si Dieu, qui verse son amour dans nos cœurs par son Esprit (Rm 5), nous enjoint d’avoir le mal en horreur (Rm 12 v 9), c’est que lui-même refuse d’appeler le mal bien (Es 5). Sa perfection d’amour et lumière est fidèle, elle implique son invariable indignation envers ce qui est faux et impur (Ha 1 v 13). Sa colère n’est ni mouvement d’humeur ni défaillance d’amour, simplement il la met en œuvre à des moments voulus, et à la fin du monde. Le NT en parle beaucoup. Ainsi, la « grâce » reste patience de Dieu : sans tenir compte des temps d’ignorance, il annonce maintenant à tous les hommes en tout lieu qu’ils ont à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il va juger le monde par Jésus Christ (Act 17 v 30-31).

 

Vivre de la grâce c’est recevoir le pardon et avoir la paix avec Dieu.

Une expiation d’un si grand prix, appelle la foi ! C’est la grâce de l’Évangile, elle est gratuite en ce que seul Jésus expie, elle a une condition en ce qu’elle demande repentir et foi. Une foi entière, et en toute simplicité : nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, à qui nous devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce dans laquelle nous demeurons fermes (Rom 5 v 1-2). Oui, Dieu a donné Jésus comme propitiation pour ceux qui auraient foi en son sang (Rm 8 v 25). Vivre sous la grâce c’est honorer très fort l’expiation-propitiation accomplie par Jésus, c’est la croire, c’est ne compter que sur lui pour être sauvé, ne rien savoir que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié (1 Co 2). La grâce demande repentance du péché car, sans repentir, il n’y a pas de foi possible au sang de Christ vu que c’est pour le péché qu’il a été versé.

Pécher contre Dieu c’était d’abord ne pas le croire (Jn 16 v 9), ensuite lui désobéir (1 Jn 3 v 4), et ainsi le manquer (Prov 8 v 36). Cela est décrit en Gn 3. Dieu avait dit : vous n’en mangerez pas sinon vous mourrez (v 3). D’abord Eve cesse de croire Dieu et se met à croire le serpent qui dit : vous ne mourrez pas du tout (v 4), ensuite ils en mangèrent (v 6), enfin ils allèrent se cacher de l’Éternel (v 8). Ainsi, pécher c’était « manquer Dieu ». À l’incrédulité et la désobéissance, le Dieu de grâce répond par le pardon et la justification (Rom 3 v 24). De ceux qui ont foi au sang de Jésus, il efface toutes les fautes sans exception, les jette au fond de la mer (Mich 7 v 19), les jette derrière son dos (Es 38 v 17), ne s’en souvient plus (Hb 8 v 12). Ceux qui ont foi, Dieu les justifie : il leur impute tout ce en quoi Jésus a été juste dans son rapport à Dieu, dans sa confiance et obéissance. Eux qui avaient rejeté Dieu, il les compte comme justes et non plus pécheurs. Au grand manqué, le Dieu de grâce répond en opérant la réconciliation des élus avec lui-même (Col 1 v 20) en vue de leur adoption en son Fils unique (Gal 4 v 4-5). Jésus affirme : mon sang, répandu pour le pardon des péchés (Mt 26 v 28). Vivre de la grâce c’est croire au pardon de Dieu, et c’est croire à la vie éternelle qui est en son Fils (1 Jn 5 v 11-12).

 

 

Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus Christ.

Ce verset (1 Tim 2 v 1) attire l’attention sur une chose importante. Ayant cru en la grâce venue par Jésus Christ, Timothée doit ensuite marcher avec lui et le servir en ne trouvant sa force nulle part ailleurs que dans la même grâce. C’est pareil pour nous, mais en pratique nous peinons à le vivre. Ayant cru au salut par le sang de Jésus, nous avons la paix et ne doutons pas du pardon de nos fautes passées. Mais ensuite, marcher avec Dieu et le servir en conservant son approbation, sans nous laisser environner par le péché, nous semble être autre chose. Nous avons bonne conscience quant au passé, mais pas quant au présent. Voici comment le NT nous répond :

Il est bon que le cœur soit affermi par la grâce, et non par des aliments qui n’ont servi de rien à ceux qui en ont usé (Hb 13 v 9). Autrement dit : alors que nous sommes déjà disciples, c’est le sang de Christ qui purifie notre conscience des œuvres mortes (Hb 9 v 14), et non notre observance de lois alimentaires, ou d’autres règles. Pour que nous servions le Dieu vivant, le NT dit où est notre force spirituelle et où elle n’est pas. Elle est dans la grâce et la vérité, là notre cœur est sûr d’être accepté car il a été lavé, et il l’est encore : si nous disciples confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice (1 Jn 1 v 8). Dieu est fidèle et juste envers son Fils et envers lui-même : ils nous ont rachetés à grand prix et adoptés. Là est notre sécurité ! La nous sommes fortifiés dans la grâce qui est en Jésus Christ.

 

Le péché ne dominera pas sur vous car vous n’êtes pas sous la loi mais sous la grâce.

(Rm 6 v 14) Nous serons libres, et pècherons moins en étant régis par la grâce qu’en étant régis par la loi. Et voici la raison : depuis que Dieu a traité alliance avec nous, a mis ses lois dans nos cœurs, les a écrites dans notre intelligence et ne se souvient plus de nos péchés (Hb 10 v 16-17), nous avons l’assurance d’un libre accès au sanctuaire par le sang de Jésus (v 19). Approchons-nous donc avec une foi pleine et entière, le cœur purifié d’une mauvaise conscience (v 22). Rm 6 v 14 s’éclaire donc par Hb 10. Mais aussi par 1 Jn : à ceux qui marchent avec le Dieu qui est lumière, fidèle et juste pour pardonner tout péché présent qu’ils lui confessent, Jean dit : je vous écris cela afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste (2 v 1). Vivre sous la grâce c’est vivre proche de Dieu en ayant, pour clé de notre paix avec lui, le sang de Jésus et non notre réussite à éviter le péché.

Aussi capitale que soit notre résistance au péché, ne la mettons pas, pour notre accès à Dieu, au même niveau que le sang de Christ ! Car, quand le péché est préoccupation centrale, il est nourri ; quand Christ est au centre, le péché s’étouffe. Après l’alliance qui expose le péché, Dieu nous met dans celle qui ôte le péché. Rm 6 v 14 s’éclaire encore par Rm 8 : vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être à nouveau dans la crainte, mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption (v 15). La peur de Dieu ne fait pas moins pécher mais plus, car elle nous réfère au deuxième arbre (Gn 2 et 3) où l’illusion de connaître le bien et le mal nous laisse englués dans le mal. Mais la grâce en Christ fait que le péché ne nous domine plus : l’amour parfait bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment (1 Jn 4 v 18), c’est la peur d’être rejeté par Dieu si nous bronchons.

Ensuite, être sous la grâce n’est pas uniquement un statut, mais aussi un apprentissage de vie : elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux désirs de ce monde, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste, pieuse, en attendant la bienheureuse espérance de la venue du Christ (Tit 2 v 12). Quel est l’apprenti qui apprend et obéit le mieux ? Celui qui aime sont maître et se sens sécurisé auprès de lui.

 

Croissez dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.

Cette recommandation (2 Pi 3 v 18) montre que, sauvés par grâce et vivant sous la grâce, nous n’avons pas fini d’en bénéficier, car nous n’avons pas fini de connaître Christ. Le connaître sans séparer entre Sauveur et Seigneur, car nous sommes dans sa main, la main de son Père (Jn 10), main à la fois de salut et de direction. Le fait que l’Évangile dise de Jésus qu’il croissait en grâce devant Dieu et devant les hommes (Lc 2 v 52), indique que la grâce de Dieu a une dimension qui dépasse ce que nous en avons saisi. Y vivre c’est être l’objet des soins de Dieu et être un signe auprès d’autrui. Ce verset de Luc, concernant Jésus sans péché, dit aussi autre chose : pour nous humains la Bible révèle la grâce principalement comme la réponse au péché, mais pour ce qui est de l’éternité elle est la nature de Dieu. Le trône de Dieu est le trône de la grâce (Hb 4 v 16), c’est pourquoi elle est de multiples couleurs (1 Pi 4 v 10, litt.). Pour Jésus enfant, croitre en grâce signifiait porter sur lui-même la grâce du Père éternel dont il dépendait. Recevoir de lui, apprendre de lui progressivement. S’attendre davantage à lui. Mieux aimer les affaires de son Père (v 49). Pour nous aussi, croître dans la grâce sera mieux connaître le Père et pas seulement moins pécher.

 

 

Ils changent la grâce de notre Dieu en dérèglement.

(Jud v 4) Saisis par le grand prix auquel Christ nous a rachetés, nous ne tordons pas cette grâce comme si elle signifiait : « plus besoin d’obéir à Dieu ». Dans l’Histoire il y a toujours eu la tentation de voir la grâce comme un simple changement d’ère : hier Dieu punissait, aujourd’hui il est tolérant ; hier le péché l’offensait, maintenant non, etc. Pour nuire à l’Évangile certains ont prétendu que Paul disait : pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu’il en arrive du bien ? (Rm 3 v 8). Pour aménager leur conception de Dieu ou pour pratiquer leurs péchés favoris, certains ont perverti le sens de l’infinie bonté de Dieu, au point que Pierre a dû avertir : considérez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit … ils se trouvent des passages difficiles à comprendre, dont les gens ni instruits ni solides tordent le sens … pour leur propre perdition (2 Pi 3 v 15-16). Tous les sujets de l’Écriture peuvent être falsifiés (2 Co 2 v 17), et celui de la grâce plus particulièrement : si nous la disjoignons de la vérité, ce n’est plus la grâce de Dieu.

Bien sûr, le christianisme officiel a souvent défiguré le Dieu de toute grâce (1 Pi 5 v 10) en insistant à l’excès sur ses rigueurs, et les détournant pour mieux dominer autrui. De nos jours, pensant mieux convaincre le chrétien de la bonté divine, certains ignorent des pans entiers de la Bible et prêchent des raccourcis inspirés de valeurs humanistes, ils altèrent le portrait de Dieu dans l’autre sens : « il ne fait aucun reproche ». Leur message est agréable mais, en faussant la parole de Dieu il empêche une saine croissance. Plus grave, d’autres écartent l’autorité des Écritures et prêchent que la condamnation et le jugement de Dieu étaient des peurs anciennes, pour plaire au monde ils nient la nécessité d’une expiation pour le péché ; ce faisant ils discréditent le remède divin à la perdition éternelle des hommes. Leur message est une révolte contre l’Éternel sauveur, ils dressent l’idole d’un ‘amour’ qui n’est pas celui de Dieu car sans vérité.

 

Ayez une parfaite espérance en la grâce qui vous sera apportée lors de la révélation de Jésus Christ.

(1 Pi 1 v 13) C’est vital à entendre : à ceux qui aiment et suivent Christ (v 8) le NT parle aussi d’une dimension future de la grâce ! La grâce de Dieu, goûtée en Israël, venue par Jésus Christ, nous sera apportée quand Jésus reviendra. Apportée : ce ne sera plus le temps de la foi persévérante pour être affermis dans la grâce, ce sera la pleine grâce dont nous verrons et saisirons davantage que jusqu’ici. Ce ne sera pas une autre grâce : la venue de Christ en gloire (Mt 24 v 30) pour nous prendre avec lui (Jn 14 v 3), manifestera que la gloire de Dieu c’est la gloire de sa grâce (Eph 1 v 6). En attendant, avoir cette espérance est de nature à nous fortifier dans la grâce qui est en Jésus Christ. Comme vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, ainsi marchez en lui (Col 2 v 6) : sauvés par grâce, nous ne pouvons vivre et servir que par grâce.

Voilà pourquoi sans doute, dans le NT, le sujet de prière le plus abondant en faveur des saints est : que la grâce vous soit donnée, et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. Toutes les Épîtres commencent et /ou finissent en la répétant (sauf Jcq).